• Sortir d'un long silence... justifier une longue absence...

    Vous raconter le bonheur de la vie dans le petit village... sans internet... sans téléphone...

    Vous avouer que ce bonheur à ses limites... Oh! vous savez ça déjà... c'était moi l'ignorante!

    Vous parler de différences culturelles fortes... qui promènent un couple d'incompréhension en incompréhension... Oh! vous pouviez imaginer ça... c'était moi la prétentieuse! vous détailler le moment où d'excuses culturelles...on arrive à des accusations personnelles... Euh! là, ça devient fouillon!!! 

    Sortir d'un rêve... avec les utopies planquées dans les chaussettes...

    Ou au contraire... ne pas accepter de voir son rêve se briser lentement... de voir ses idéaux malmenés... de laisser gâcher une représentation idéale par une réalité souvente navrante... le quitter pour le sauver et ne rien gâcher... refuser de vivre déçue ou en colère...

    La pirouette a été certes acrobatique mais réussie... La séparation s'est déroulé avec un grand respect. Nous vivons désormaisàCayenne...

    Les enfants et moi-même nous accommodons bien à ce Kotékréyol... Le lieu répond à nos attentes: sortie au cinéma, à la bibliothèque, à la mer, au supermarché, aux diverses fêtes, à la piscine... 

     


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  • En 2006, on disait que ça faisait bien 20 ans qu'on avait pas vu une telle montée des eaux...

    En 2008, on dit que ça fait bien 25 ans qu'on a pas vu une telle montée des eaux...

    Un papi dans un kampoe, près de SaintLaurant, a cru que c'était la fin du monde... du haut de ses 90 ans, il n'avait jamais vu ça!!!

    Aux alentours dApatou, la situation est dramatique pour de nombreuses familles essentiellement dans les petits villages qui sont sur des terres basses et qui n'ont pas de possibilités de "repli". Le bourg n'est pas trop touché et Maïman est trop bien trop en hauteur... enfin "bien assez"...

     

     


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  • Bon allez, je vais vous faire voyager dans la culture du fleuve et vous livrez là ce que je vois, comprends des rites funéraires qui sont particulièrement différents des nôtres. Il y aura peut-être des erreurs dans le vocabulaire ou dans les interprétations... je ne joue pas l'ethnologue... juste je vous raconte!

    Une vieille dame du village est décédée voilà 6 jours. C'était une dame de toute importance puisqu'elle était la dernière fille du fondateur du village.

    A 2h, en pleine nuit, des coups de fusil ont retenti, c'est l'annonce de la mort. Au matin, toutes les femmes, vétues de madras noir et blanc, se rapprochent de la maison en deuil où elles iront pleurer. Le corps sera ensuite roulé dans des draps puis déposé sous la "kéé osu" (la maison des larmes). Les gens importants, le kapitaine et les anciens sont là. En fin de journée, on lave la défunte avec les plantes et des huiles afin de la préserver au mieux car elle ne sera pas enterrée immédiatement. De longues veillées vont débutées.

    La première nuit, la plus calme, les hommes jouent au dominos, les femmes dansent et chantent autour du corps sur le rythme des tambours qui résonneront jusqu'au matin. Des coups de fusil seront tirés à chaque moment important: au début et à la fin des veillées... La journée, les femmes sont affairées à la cuisine, il s'agit de cuisiner pour tous les gens qui se présenteront. Elles passent donc dans toutes les maisons demander à chacun de donner un peu à manger... qui de l'huile... qui des haricots... qui du riz... Les nuits suivantes seront plus festives que la première, le deuil prend alors une allure de fête. L'après-midi, les hommes qui ne construisent pas le cercueil, vident les pirogues qui arrivent expréssement chargées de rhum, de bière et de limonade. Tout le monde se voit confier une tâche.

    Pour certains, les jours suivants, il s'agira de creuser le trou... On les appelle les "oloman" (les hommes du trou) et ils sont entourés de rituels bien particuliers puisqu'ils se rendent au (cimetière), lieu sacré situé à une dizaine de km en aval. Entre 40 et 60 hommes se réunissent à la kéé osu en fin de matinée, on frappe une timbale de métal. Les plus jeunes d'entre eux attrapent toutes les poules du village... enfin les moins malines ou les moins rapides (c'est là que l'histoire fait plaisir à mon papa!!!). Elles seront tués pour être mangés là-bas et donnés à la terre des morts. Une fois les hommes partis, les femmes cuisinent pour eux et iront leur apporter le repas. C'est là que commence un jeu ritualisé entre les hommes et les femmes. Celles-ci se font réprimander pour leur retard et pour avoir laissé les hommes affamés si longtemps. Ensuite on accompli certains gestes pour protéger celles qui ne sont encore jamais venues. Enfin, les femmes rentrent... mais encore fâchées par l'accueil que les hommes leur ont réservé... elles prépareront leur vengeance en attendant leur retour...

    Allez... que vont-elles faire selon vous???


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  • Vous m'avez peut-être croisé au pied de la tour Eiffel, sur une plage d'Argelès ou encore dévalant le toboggan aquatique de Thonon-Les-Bains... Car, malgré toutes apparences, malgré toute vraisemblance, j'y suis!

    Non pas que je m'ennuie dans notre charmante petite maison.... mais plutôt que je rêve à un ailleurs et que cet ailleurs maintenant, c'est la métropole! Vous n'imaginez pas à quel point un cageau de brugnon devient exotique comparé à un sac de mangues...

    Par contre... ne vous méprenez pas, et ma mère serait la première à vous le dire... ceci n'annonce pas le grand retour avec le grand D de Définitif en métropole... nan, je serais, sûre, bien heureuse de remonter dans cet avion au mois d'Août... Enfin.... affaire à suivre!


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